L'arc d'un parcours — de l'ingénierie au capital
Mon parcours n'est pas une reconversion : c'est une progression logique. J'ai commencé avec une formation d'ingénieur mécanique à la Politecnica delle Marche — une institution d'ingénierie appliquée, loin des abstractions de certaines grandes écoles — et j'ai obtenu mon habilitation professionnelle auprès du Conseil national des ingénieurs (CNI). Cette racine technique n'est pas anecdotique : elle conditionne la façon dont j'évalue un actif industriel, un programme d'investissement ou un risque d'exécution.
Entre 2019 et 2023, j'ai rejoint Saipem en tant que Program Governance Manager sur des programmes énergétiques capital-intensifs en Europe et au Moyen-Orient. Saipem est l'un des principaux ingénieristes et contractants pétroliers et gaziers au monde — des programmes à plusieurs centaines de millions d'euros, des parties prenantes institutionnelles, des contraintes réglementaires croisées. C'est là que j'ai compris ce que la gouvernance de programme signifie concrètement : pas un organigramme, mais un système de décision qui fonctionne sous pression, avec du capital engagé et des délais non négociables.
La transition vers le capital et la gouvernance d'entreprise est venue naturellement. J'ai fondé Krymax Studio en 2022 — une plateforme de conseil en gouvernance, allocation de capital et développement de plateformes industrielles — et j'ai développé une activité de Fractional Executive et Board Advisor via YOURgroup à partir de 2023. Aujourd'hui, en parallèle, je suis CEO et Chairman d'Infinito Village Environment, une plateforme d'infrastructures environnementales et d'économie circulaire.
La preuve concrète — et pourquoi elle compte
Le mandat le plus représentatif est le programme industriel européen d'environ 1 milliard d'euros que je gouverne en représentant le sponsor d'investissement — un fonds d'infrastructures domicilié au Luxembourg — dans le développement de 15 sites d'économie circulaire et de transition énergétique en Europe. À cette échelle, la gouvernance n'est pas optionnelle : c'est le mécanisme par lequel le capital institutionnel s'assure que l'exécution reste alignée sur l'intention d'investissement initiale, à travers des dizaines de parties prenantes locales, des réglementations nationales différentes et des cycles de financement complexes.
Ce type de mandat n'existe pas dans un cabinet de conseil classique. Il requiert à la fois la rigueur d'ingénieur pour évaluer la faisabilité technique, la discipline d'investisseur pour arbitrer l'allocation du capital entre sites, et la maîtrise de la gouvernance pour maintenir l'alignement entre le fonds, les co-investisseurs éventuels et le management opérationnel. C'est exactement l'intersection où je travaille.
Philosophie — ownership-first
Le terme est précis : je pense et j'agis comme un propriétaire du capital, pas comme un prestataire qui facture à la journée. Cela signifie que mes recommandations sont celles que je ferais si mon propre capital était engagé dans l'opération. Cela signifie aussi que je dis non lorsque le risque est disproportionné — et que je le dis avant le closing, pas après. La certification en Corporate Governance et General Management (2019) et le statut d'Ambassadeur AICIM ancrent cette posture dans un cadre professionnel reconnu.
Je travaille avec un nombre délibérément limité de mandats simultanés. La discrétion n'est pas une posture marketing : c'est une condition opérationnelle pour qui travaille avec du capital institutionnel et des groupes familiaux qui exigent une confidentialité absolue sur leurs opérations en cours.
Quelle est la différence entre un Fractional Executive et un administrateur indépendant ?
Un Fractional Executive est intégré dans l'opérationnel de l'entreprise — il assume des responsabilités de direction sur une fraction de son temps. Un administrateur indépendant exerce une fonction de surveillance fiduciaire au sein du conseil. Dans certains mandats, les deux rôles se combinent ; dans d'autres, ils sont distincts selon les besoins de gouvernance de l'entreprise et du capital.
Pourquoi Lugano plutôt qu'une place financière plus grande ?
Lugano est le troisième centre financier suisse, avec une densité élevée de family offices, de fondations et de fonds liés à l'Italie et à l'Europe du Sud. C'est un hub naturel pour des mandats discrets dans le mid-market industriel européen — suffisamment proche des centres de décision de Milan, Genève et Luxembourg, sans la frénésie qui empêche un engagement profond sur chaque dossier.

