Lecture approfondie des signaux 2025-2026
L'Observatoire n'est pas une revue de presse. C'est la lecture d'un allocateur de capital opérant dans les actifs réels, appliquée à des données vérifiées issues de sources primaires. Quatre points de données convergent vers un même diagnostic : le capital se concentre, la valeur se construit par l'exécution, et le pont entre l'investisseur et l'actif industriel n'a jamais été aussi nécessaire — ni aussi rarement disponible.
DLA Piper — $599 Mds : moins de deals, plus gros, plus exigeants en gouvernance
Le marché des fusions-acquisitions en transition énergétique atteint 599 milliards de dollars en 2025, en hausse de plus de 20 %, malgré une contraction des volumes d'environ 15 %. Moins d'opérations, mais plus grosses et plus exigeantes. La chaîne infrastructures/services/stockage représente 271 milliards de dollars (+38 %) — c'est là que le capital d'actifs réels se concentre. Signal net pour qui alloue : chaque dossier doit être défendable devant un comité plus scrutateur, avec une gouvernance de programme démontrable dès le sourcing.
Bain — 71 % de la valeur créée par l'EBITDA : l'ère opérationnelle est structurelle
71 % de la valeur créée dans les exits 2024 provient de la croissance du chiffre d'affaires et de l'EBITDA — pas de l'expansion des multiples ni de l'effet de levier (Bain Global PE Report 2026). « 12 est le nouveau 5 » : la durée médiane de détention s'allonge, la valeur se fait en opérant et en transformant, pas en refinançant. Ce changement impose une discipline d'operating partner intégrée ou externalisée dès le closing.
PwC — 69 % des deals des family offices en direct : une demande de gouvernance sans gouvernance
69 % des opérations des family offices sont désormais des club deals ou des co-investissements directs (PwC Global Family Office Deals Study 2025). Accès direct à l'actif, réduction des frais — mais exposition à un risque de gouvernance que l'équipe interne d'une famille couvre rarement seule. Qui bloque une décision stratégique entre co-investisseurs aux horizons divergents ? Qui supervise l'exécution quand le management dévie ? Ce sont des questions de gouvernance, pas de finance.
BCG — ~$59 000 Mds d'AuM : l'échelle qui rend la gouvernance systémique
BCG (Global Principal Investors Report 2026) projette environ 59 000 milliards de dollars d'encours pour les principal investors — fonds souverains, fonds de pension, family offices, toutes classes d'actifs — d'ici 2030. À cette échelle, la qualité de gouvernance des positions individuelles conditionne la performance agrégée des portefeuilles. La concentration des encours amplifie autant les opportunités que les risques systémiques de mauvaise gouvernance dans les actifs réels.
McKinsey & IEA : le nouveau front capital-intensif — l'infrastructure IA
McKinsey estime 5 200 milliards de dollars de capex mondial d'ici 2030 pour les seuls data centers dédiés à la demande IA — jusqu'à 7 900 milliards de dollars dans le scénario de croissance accélérée. La IEA projette que la demande électrique des data centers fera plus que doubler d'ici 2030 (415→945 TWh), avec une hausse de 17 % en 2025 seule portée par l'IA ; Goldman Sachs estime une croissance de la demande électrique des data centers de 165 à 220 % d'ici 2030, et Morgan Stanley projette environ 2 900 milliards de dollars de data centers en construction à l'échelle mondiale d'ici 2028. Quatre sources indépendantes convergent vers la même échelle : un cycle de capex comparable, en ampleur, aux grandes vagues d'infrastructures du passé.
Le pont — pourquoi cette réponse, pourquoi maintenant
Ces quatre signaux se renforcent mutuellement. Le capital disponible pour les actifs réels est plus abondant que jamais, mais les comités sont plus sélectifs. La valeur se bâtit par l'exécution. Les familles investissent en direct mais sans gouvernance suffisante. Et l'encours à horizon 2030 rend la gouvernance individuelle critique à l'échelle systémique. La réponse n'est pas un autre fonds ni un advisory board — c'est un interlocuteur qui parle la langue du capital et dispose de la compétence opérationnelle pour évaluer et piloter l'actif industriel. Un pont, pas un intermédiaire.
Note de méthode
Données issues exclusivement de sources primaires 2025-2026 (DLA Piper, Bain, PwC, BCG), citées telles que publiées, sans extrapolation. Aucun chiffre propriétaire inventé. La lecture qui accompagne chaque donnée est la mienne — celle d'un allocateur opérant dans les actifs réels. L'Observatoire est mis à jour périodiquement. AICIM est cité en tant qu'institution de référence dans la communauté des administrateurs indépendants.
Comment utilisez-vous ces données dans vos mandats ?
Elles alimentent le diagnostic CGE Alignment Index que j'applique à chaque opération — pour calibrer l'axe Capital Alignment au contexte réel et documenter devant un comité d'investissement pourquoi tel secteur ou telle structure mérite un engagement à ce stade du cycle. Ce sont des données de décision, pas de présentation.
L'Observatoire couvre-t-il uniquement la transition énergétique ?
Non. La transition énergétique domine les données 2025-2026 parce que c'est là que le capital se concentre. Mais les tendances de gouvernance — co-investissement, création de valeur opérationnelle, durée de détention — s'appliquent à l'ensemble des actifs réels : infrastructures, économie circulaire, plateformes industrielles.
Ces données sont-elles mobilisables pour des présentations à des investisseurs ?
Oui, dans le cadre d'un entretien confidentiel. Je peux contextualiser chaque point de donnée par rapport à un dossier ou un portefeuille spécifique, en l'articulant avec le diagnostic CGE et la réalité du mid-market industriel européen.
